LAVIT
A la fin du XIIIe siècle ou au début du XIVe siècle on entreprit de reconstruire l’agglomération de Lavit, qui s’était agrandie de plusieurs faubourgs en s’inspirant du plan des grandes bastides. Nous n’avons pas trouvé trace de paréage, mais dès 1301 les documents officiels qualifient cette ville de bastide. On envisagea de la protéger par de solides remparts pour en faire une place forte dont la pièce maîtresse serait le château que l’on allait y encastrer, au sud, entre les maisons, le tout construit en briques. La première enceinte du bourg formait un quadrilatère de deux cents mètres de côté environ muni de trois portes.
La restructuration du bourg sur le type bastide s’organisa autour d’une halle centrale qui devint le poumon de la nouvelle ville. La place avec les couverts occupait 3900 m². Elle était entourée de trente à quarante maisons suivant les époques. La halle fut construite dans les proportions que nous lui connaissons aujourd’hui, un quadrilatère de 30 m de côté. Une charpente en bois supportait une couverture de tuiles canals, que soutenaient de piliers également en bois reposant sur un socle de pierre. Au centre, une tour ronde dépassait du toit et se terminait par un dôme. Elle abritera par la suite une horloge (aussi l’appelera-t-on la tour de l’horloge). A l’angle nord-est, une grande salle faisant office de maison commune et une boucherie. En 1894 une partie de l’ancienne halle s’écroula et la municipalité décida de construire une toute nouvelle halle dans le style Eiffel.
Le château occupait l’emplacement de l’actuel hôtel de ville et de la place située sur le devant. La place portait encore à la fin du XIXe siècle le nom de « plaça do castèt » (place du château) rappelant l’édifice qui s’y élevait avant la Révolution.
Des ruelles séparaient le bâtiment des maisons voisines, côté est et côté ouest. Au sud, son mur d’enceinte se raccordait avec les remparts du bourg dont le fossé faisait office de douve. Un pont levis, dont l'existence est attestée par un mur de brique retrouvé dans le sous-sol du boulevard, devait l’enjamber. Au couchant, il confrontait la grande rue publique et faisait angle avec les cornières de la place du marché.
Des fouilles exécutées lors de travaux d’adduction d’eau en 1962 nous ont permis de relever l’épaisseur des murailles à la base : deux mètres. Du côté ouest, des traces de carrelages indiquaient l’emplacement de salles et de communs qui devaient se répartir sur le pourtour. Au centre un puits permettait l’alimentation en eau. Le donjon occupait l’angle nord-est.
Les vicomtes de Lomagne puis les comtes d’Armagnac y firent de fréquents séjours, soit pour une simple halte ou pour y recevoir l’hommage d’un vassal.
L’église Saint-Jacques, édifiée à partir de 1515 a été restaurée au siècle dernier. De sa fondation elle n’a conservé que les murs de la nef et du chœur, les piliers et les colonnes engagées de l’ancienne voûte et quatre chapelles. Au dessus du portail, une inscription en occitan et en lettres gothiques rappelle l’incendie de Lectoure de 1473. Le clocher à deux étages, de plan rectangulaire, est de 1826.
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