
BEAUMONT DE LOMAGNE
La bastide de Beaumont de Lomagne fut fondée entre 1276 et 1279 à la suite d’un acte de paréage entre l’abbaye de Granselve et le roi de France Philippe III le Hardi représenté par son sénéchal Eustache de Beaumarchais.
Comme dans la plupart des bastides, le centre de la cité est occupé par une place, lieu d’échanges commerciaux, qui accueille les foires et les marchés.
La Halle, prévue dès la fondation de la bastide dans les coutumes de 1278, n’a été construite qu’au XIVe siècle, mais depuis l’origine du bourg le marché hebdomadaire du samedi matin se tient au centre de la cité, sur l’emplacement où a été construite la halle.
Cette immense halle carrée, de 36,40 m de côté possède une impressionnante charpente soutenue par 38 poteaux reposant sur des socles de pierre de différents niveaux pour compenser la pente. Son toit en pavillon de tuiles creuses (tuiles canals) était surmonté à l’origine d’un « donjon » dont la taille s’est progressivement réduite.
Au cours des siècles, la halle a nécessité de nombreuses réparations ou modifications. Les registres de délibérations de la ville conservent le souvenir de ces réparations intervenues souvent trop tard, à la suite d’effondrements partiels. Le 27 mars 1647, le « donjon » s’abattit complètement et occasionna de grands dégâts. Il ne fut plus reconstruit mais remplacé par le clocheton actuel, dont la fonction était de marquer la suzeraineté de la ville sur cet édifice.
Au début du XIXe siècle la halle était fermée. Ce n’est qu’après 1810 qu’elle devint une halle ouverte. Les couverts qu’on nomme parfois cornières ou garlandes existaient autrefois non seulement des quatre cotés de la place mais aussi dans les rues principales jusqu’en 1837. Ces couverts participaient à l’organisation des marchés offrant l’abri nécessaire au bon fonctionnement des échanges. Tous les riverains de la place avaient le droit de demander l’autorisation aux consuls d’édifier, en avant de leur lot et sur une profondeur donnée, une construction sur arcades permettant d’abriter les marchandises et de montrer leur rang.
L’Eglise Notre Dame de l’Assomption commence à s’élever en 1280. C’est une vaste église forteresse à chevet plat trahissant l’influence de Cîteaux. Le clocher, réalisé au XVe siècle ressemble à celui de Saint-Sernin à Toulouse, il culmine à 50 m. De 1430 à 1436, l’évêque de Montauban, Bernard de la Roche Fontenille, chassé par les anglais, s’installe à Beaumont. Ainsi l’église put prendre le titre de cathédrale qu’elle méritait par sa taille et sa beauté.
Parmi les nombreuses chapelles se trouvent les armes de Beaumont (XVe siècle). Le baldaquin installé dans le chœur en 1709 est attribué au Toulousain Antoine Guépin et représente l’Assomption de la Vierge.
Les hôtels particuliers sont nombreux à Beaumont : l’hôtel Toureilh, la maison dite de Jean d’Armagnac, l’hôtel dit de Chartreuse, l’hôtel Vernhes, la maison des seigneurs d’Argombat…
Les remparts n’existent plus. Ils entouraient la ville et avaient 5m50 d’épaisseur. Ils furent détruits en 1779 lorsque, les conflits s’apaisant, on n’en vit plus l’utilité. Ils épousaient le tracé des boulevards actuels. Sur ces remparts étaient dressées quatre tours et quatre portes permettant de quitter la ville. Il existait aussi un château au nord-est qui fut détruit en 1626 par ordre de Louis XIII lors du siège de Beaumont (en effet, Richelieu procéda à la destruction des forteresses intérieures de plusieurs villes lomagnoles). Ill faisait pendant à la résidence des abbés de Granselve qui a également disparu. En effet, dans le contrat de paréage il était stipulé que les deux cosignataires devaient avoir chacun une résidence dans la bastide. |